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Quelques échos du Terroir, en constante, lente et souterraine, puis bouillonnante progression

Accueil

Après plus de 3 mois de fermeture au public, le camping a réouvert début juillet. Les masques sont utilisés dans les espaces clos, et nous veillons à des nettoyages réguliers des espaces communs. Comme de nombreuses structures accueillant du public, nous suivons les presque cohérentes directives gouvernementales, avons annulé toutes nos manifestations estivales, et travaillons notre adaptabilité.

La grande salle a été repeinte et mise au propre, ainsi que nos objectifs et conditions d'accueil via Maxime. Les temps de rassemblement de plus de 2 jours et les groupes dont la démarche sera en lien avec notre Raison d'être* seront privilégiés.

Un chapiteau de cirque a été acquis. Jojo, Romain et Pierre-Alexandre ont fait l'aller-retour en 48h vers le nord-est pour le ramener tout juste avant les restrictions de circulation de ce printemps. Il aura abrité de nombreuses réunions et quelques célébrations, avant d'être redescendu en attente d'une autorisation de campement définitive.

A la suite de plus de 6 mois d'échanges avec relais d'équipe entre Gaëlle, Clémence, Chantal, Nathanaël, Ludovic, Denis, Joan, Quentin, Myriam, Charlotte et Véronique, sont aussi nés un Bail Résident et un Règlement Intérieur !! Tout nouvel entrant pourra y trouver repères et informations sur notre fonctionnement. L'accouchement fut difficile et sans péridurale, mais la majorité mesure les effets encadrants pour les entrées et sorties du lieu. Ouf !
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Jardin

Nous avons perdu le champ où grâce à notre grande serre et quelques arpents alentours, nous cultivions sans chimie les légumes proposés aux Marchés des mardi du Terroir. La terre reste un sujet brûlant entre monde paysan et néo-ruraux...Le choix de ne plus employer un maraîcher professionnel, et de revenir à une gestion amateur collective, aura sans doute joué en notre défaveur...Où sont les espaces pour les transitions apprenantes et le partage des savoirs ? Pour l'instant au pied de nos yourtes, où nous avons massivement rapatriées toutes nos cultures dans des planches, et sous une serre plus petite et rudimentaire. Gaëlle a aussi investi dans une belle petite serre en verre pour abriter de jeunes pousses. La rotation des sols et la planification des cultures ne s'est pas révélée duplicable d'un claquement de doigt. Le vœu d'autonomie alimentaire semble s'éloigner, mais la réflexion sur le pourquoi et le comment de notre rapport au végétal se poursuit. L'expression « jardin nourricier » est apparue. Les tomates, les courgettes et les aubergines arrivent à maturation, le basilic et le maïs sont fiers, et les limaces moins omniprésentes. L'entretien de notre mare et la question de la ressource aquatique demeurent d'actualité. Le poulailler a gagné en surface et en confort, et le cheptel de poules est passé à plus de 30 têtes. On ne mégote pas, et ça picore !
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Construction

Le projet du Tiroir, notre yourte collective pour partager repas, thés, goûters et rencontres culturelles, est sur le point d'aboutir. Pour la structure Denis a tout dessiné, commandé la matière et taillé dans le bois, avec l'aide de petites mains à l'atelier. La commande des tissus ignifugés nous est parvenue, tandis que Christel s'est rendue auprès de l'équipe de Jean Lehman pour apprendre la couture des bâches, que nous serons désormais en capacité de réaliser grâce à cette transmission de savoirs, et l'achat d'une machine à coudre costaud. Maintenant, hormis sur la fabrique des skydômes, nous pouvons assurer de A à Z la construction de yourtes. C'est pas beau ça ??!

Gouvernance et Raison d'être

Le confinement aura permis de nous interroger en profondeur sur notre modèle de gouvernance, et la mission du Terroir. L'occasion inespérée de notre présence conjointe, a favorisé pour la plupart notre embarquement pour un Rêve du Dragon. Ce processus de plusieurs jours, sous le co-pilotage de Juliette de l'Instant Z, nous a accompagné vers une vision réactualisée, resserrée et globale pour le futur du lieu (la fameuse « raison d'être »), et un meilleur discernement sur les énergies et le temps que chacun pouvait y consacrer. Un nouveau cercle de pilotage, appelé « Noyau », a émergé par auto-designation des membres entre eux. L'idée étant que ceux qui prennent le plus de responsabilité quant à l'évolution du lieu - d'une entreprise individuelle vers une coopérative - soient ceux qui aient le plus de poids dans les grandes orientations du terroir.
Un cercle enfants a aussi émergé, pour que la tribu des petits et adolescents du terroir ait son mot à dire dans ce lieu, et puisse commencer doucement à manier les outils de l'holacratie...
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Et l'humain dans tout ça ?

Tous ces faits parlent, mais rendent peu compte du complexe et riche quotidien du collectif...Votre dévouée qui écrit ces lignes se demande d'ailleurs encore comment éclairer au mieux les phénomènes et leur interprétation, et regarde avec intérêt les interfaces mouvantes de son soi et du groupe pour raconter le terroir...Alors, dans cet impossibilité d'une narration juste, dans ce grand télescopage du Je au Nous, « on » se bornera à quelques commentaires en partie partagés :

...la formation étant la base, la pratique une nécessité absolue, et des allers-retours entre les 2 une hygiène salutaire, chacun dans ce parcours que nous faisons depuis 3 ans, entretient un rapport particulier à l'holacratie. L'ouverture à un nouveau modèle réactive nos paradoxes, comme vouloir faire intelligence collective et continuer à attendre le héros, la personne providentielle qui donnera le cap et fédérera les énergies. Des fantasmes perdurent sur la gouvernance partagée – qui n'est pas un écrasement total de la pyramide décisionnelle honnie, qui n'évacue pas par magie la question de notre rapport au pouvoir et à l'autorité, mais propose des outils pour expérimenter la coopération, l'autonomisation et la prise de responsabilité au sein d'un projet - encore piloté à ce jour au Terroir par Denis Genoud, personne source d'un héritage familial transformé.

On ajoutera que les rêves et les désillusions, le don et la rétention, la clarté et la peur... alimentent tour à tour la vitalité et les cahots d'une expérience collective qui sans cesse nous ramène à notre propre raison d'être, et à notre volonté de transformation réelle. Que venir vivre dans un collectif qui se cherche est une expérience tour à tour intense, joyeuse, perturbante, plombante... Qu'il est impossible de se cacher dans un groupe d'une trentaine d'âmes, et qu'au contraire chacun de nos reliefs ou cavités émotionnelles y sont révélés et amplifiés. Que ce voyage tendre et violent, au fil des saisons, enracine d'autant certains d'entre nous, que les systèmes sociaux, politiques, naturels et économiques menacent d'un effondrement de plus en plus palpable.

Que si le chemin dans l'incertain et le précaire est déstabilisant, il est aussi un très bel itinéraire pour apprendre à remodeler ses contours, intensifier sa présence au monde, et apprivoiser l'humilité, l'humour et la simplicité. Et qu'à la fin, que nous restera t-il, hormis cette amitié et cet espoir d'une vie meilleure partagée, que nous aurons essayé de faire circuler entre nous, gratuitement ? Aller hue dia, c'est reparti pour un tour !

Charlotte
Rôle communication
* RAISON D'ETRE DU TERROIR ?? La voilà ;-)

Vision : Créer un collectif de vie et d'activité engagé, viable et inspirant, répondant aux enjeux de demain.
Mission : En lien avec le territoire dans lequel nous nous inscrivons, nous développons, expérimentons et partageons des alternatives concrètes en matière de gouvernance, habitat, accueil, alimentation, usage responsable de la Terre et de ses ressources, économie, et écologie relationnelle.
Nous soutenons et favorisons des projets artistiques, culturels, éducatifs et artisanaux.
Beauté. Célébration.